
Bonjour... Nous sommes le 1er Yennayer 2966...el mouafik li 1
Rabie Ethani 1437 correspondant au 12 Janvier 2016... Il est 7h du matin.
C'est le nouvel an berbère, une date qui était très bien
fêtée par la tradition païenne à laquelle nous avons collé des bribes de notre
Islam naïf et débonnaire, sans trop chercher à la justifier par une quelconque
gloire raciale ou historique et que nous ne fêtons presque plus depuis que nous
en parlons comme d'un haut fait d'armes ancestral contre un ennemi qui ne l'a
peut être jamais été et dont nous sommes les premiers à douter car nous nous
savons ennemis depuis toujours de... nous-mêmes !...
C’est le cas de toute la culture berbère, dont la langue, qui
est restée très bien conservée dans son écrin accroché aux cœurs, dans l’entre-sein
de nos mères et qui devrait bientôt se déliter et s'effilocher pour finir noyée
à force de se faire chevaucher par n'importe qui en devenant publique...
Je n'aime pas trop citer les bons mots d'autrui mais je
déroge cette fois-ci à mon habitude en illustrant mon propos par cette vérité
énoncée par Aimé Césaire et qui affirmait: "on se perd de deux manières: par
ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l'universel"
et je n'en dis pas plus sur ce sujet qui génère pour moins que rien les levées
de boucliers comme le font les autres sujets tabous de nos "constantes"
qui gagneraient, pour notre salut (et le leur), à se faire moins rigides ...
Il faut quand même reconnaître que si nous fêtons depuis
quelques temps toutes nos dates marquantes, qu'elles soient patriotiques, traditionnelles
ou religieuses avec un zèle démultiplié, c'est parce que nous ne réussissons
pas à juguler nos passions généralement très égoïstes et porteuses plutôt d'adversités
sous-jacentes que de tolérance... une curieuse (et déplorable) manie de se
valoriser et valoriser son clan en dévalorisant l'autre et son clan car nous ne
pouvons nous passer de notre pêché mignon de nous jauger autrement qu'au poids
de notre vis-à-vis.... Un vis à vis qui est forcément notre frère parce que... cohéritier
des valeurs que nous ne sommes pas disposés à partager...
Et c'est ce qui a toujours fait notre vulnérabilité.
C'est ce principe suicidaire qui favorise la résurgence
morbidement véhémente des controverses notoires mais qui étaient maintenues
sous le boisseau par l'autoritarisme du principal instrument de répression des
individualismes menaçant le moule unioniste, qu'était la police politique... je
vous vois faire la moue devant ma langue de bois mais j'aimerais bien que vous
fassiez plutôt l’effort de me comprendre... je sais qu'alors vous m'approuverez
!
La curée vise aujourd'hui monsieur Nezzar et tout le monde s'y
met... Son crime: avoir sollicité monsieur Ait Ahmed pour qu'il prenne en mains
les destinées du pays au moment où ce pays devait faire face à une problème de
survie...
Cette résolution qui aurait dû lui valoir le respect pour sa
perspicacité et son bon choix lui vaut au contraire un déchaînement de haineuse
vindicte qui le pousse maladroitement à se dédouaner même d'y avoir pensé, comme
s'il s'agissait d'une gravissime atteinte aux intérêts de la nation... une
intelligence avec l'ennemi !...
Et, pour le pourfendre, on ose convoquer à la barre des
témoins de ce ridicule procès qu’on lui fait, des dignitaires qui croient se
laver de leurs expectatives coupables en confirmant «l'accusation» lancée
contre lui par tous ceux qui; en réalité, attendaient pleutrement l'intervention
salutaire des janviéristes pour arrêter la dérive causée par les politicards
carriéristes...
Pour salir encore plus cet homme, on va rechercher dans son
lointain passé d'adolescent un engagement militaire avec l'armée française…
Sans savoir que cet épisode de sa vie aurait dû lui valoir plutôt les honneurs
que l'indignité car il a su et pu sacrifier au moment voulu, sa carrière d'officier
pour les privations et les aléas de la résistance...
Deuxième injuste procès qu’on fait à cet homme en lui
reprochant non pas « el khatima » mais « el bidaya », alors que par ailleurs, dans
un esprit douteux de large magnanimité, on se force à réhabiliter d’autres
acteurs de notre Histoire en focalisant sur leur résistance pour occulter leur
compromission ou leur reddition…
C’est à s’écrier « A Mohammed Sidi, quelles c…eries ! quelque
chose est pourri en cette République d’Algérie » à la manière d’un Ferrat
s’exclamant : « Jesus Marie quelle décadence !... quelque chose est pourri dans
mon royaume de France ! »
Je termine ma matinale en priant ceux qui voudraient user de
quelque expression à la Sidi
Said contre ma personne pour avoir défendu l'objectivité en
défendant Monsieur Nezzar, qu’ils évitent de mêler la religion de ma mère à ces
salades et considèrent que ma goult walou…
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