Bonjour ...
Nous sommes le 15 janvier 2016... Il sera bientôt 7H 30...
Le pétrole
continue sa vertigineuse dégringolade et nos pitreries leur ascension...
On comprend
aujourd'hui pourquoi nos hommes politiques, depuis l'indépendance et peut-être
bien avant, combattent la liberté
d'expression, la leur et celle de leurs
servants, bien plus qu'ils ne limitent celle du peuple qui peut dire d'eux ce
qu'il veut et qui n'hésite pas à le faire à sa manière...
On comprend pourquoi ils imposent à chaque
strate de l'autorité, le chargé de communication ou le porte-parole qui est chargé de ne rien dire ou presque et qui est
recruté surtout pour sa maîtrise du silence et de l'art de se tourner sept fois
la langue avant de parler...
Ils ont
appelé ce grave déficit de communication: devoir de réserve... et ont même
laissé comprendre que leur silence était
leur manière à eux de répondre aux imbécillités populaires et que, occupés à
gérer les hautes affaires du peuple, ils n'avaient pas de temps à perdre en
palabres...
L'exemple de
cette pratique est donné par le président en personne qui refuse de s'abaisser
à répondre aux critiques et questionnements, prenant l'air hautain de celui
qui, de sa tour d'ivoire faite de mutisme solennel, ne descend pas aussi bas
que ce niveau d'où monte la voix roturière de la plèbe...
C'est cette
manière de ne rien faire et de laisser braire qui a permis des longévités
benbouzidiennes à nos fondés de pouvoir qui ont fait leur, à leur manière, le
proverbe séculaire qui nous met en garde en nous disant que "erradjel
yen'hakem men l'sanou" (l'homme se fait prendre par sa langue)...
Parce que,
en vérité, si ces messieurs-dames ne disent rien, c'est surtout par peur de ne
savoir rien dire !... et très souvent, quand l'un d'entre eux oublie que le
silence est d'or, il détruit au bout de quelques mots le prestige et la
considération, parfois la vénération que
lui conférait son mutisme en dévoilant toute son indigence non seulement langagière mais aussi
intellectuelle et en montrant toute sa petitesse d'homme devant la grandeur
de sa charge, toute sa bassesse de piètre cavalier devant la grandeur de sa noble monture...
Libérés de
leur devoir de réserve et poussés au strip-tease pour se disculper des
accusations imbéciles qu'ils se lancent mutuellement, ceux que le peuple voyait
comme des géants s'avèrent des nains sans envergure ni aura... Cruelle
désillusion pour tous ceux qui croyaient qu'ils avaient à faire à des hommes et
qui découvrent à leurs places des... gnomes !...
Aya bonne
journée... moi je descends au marché de Boudouaou pour prendre mon bain de
foule !
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