Bonjour... Nous sommes le 6 janvier 2016... Il est 7h du
matin... L'anticyclone des Açores ayant daigné nous lâcher enfin les baskets,
nous attendons la grosse perturbation qui doit nous redonner une ambiance
hivernale dont nous avions presque désespéré...
La vedette d'hier ce fut Monsieur Ouyahia qui s'en est venu
nous présenter le projet de révision constitutionnelle sur lequel monsieur
Bouteflika compte pour assurer sa postérité...
Monsieur Ouyahia n'a pas hésité, à chaque disposition
constitutionnelle reformulée seulement dans une autre tournure que celles des
précédentes constitutions, à ajouter un peu de l’ironie et de la morgue qu’on
lui connait pour parler d'avancée et
parfois d'innovation, reconnaissant sans qu'il n'en soit forcé, que l'Etat
qu'il a servi avec une abnégation religieuse tirait à côté sur tous les plans
puisque la nouvelle constitution a
retouché littéralement tous les fondements de cet Etat éprouvé par son
usage comme éprouvette…
Il était si émerveillé, monsieur le commis de cet Etat, par la perfection de cette nouvelle mouture
de notre texte fondamental qu'on aurait
cru, à juste titre, qu'il en fut le rédacteur... comme il a certainement été
l'un des rédacteurs principaux des versions précédentes qui étaient toutes
aussi parfaites que l'est celle-ci, lors de leur présentation, et que sera parfaite celle qui la suivra, car
notre système de gouvernance ne fait jamais, vous vous en doutez bien, dans l'imparfait ; et vous verrez que dès demain on lira et
entendra les plus belles choses sur cette cuvée 2016 que la présidence a couvée
depuis de si longues années pour enfin nous la pondre comme un éléphant le
ferait d’une souris…
Elle commence déjà par une belle aguiche en faisant de la
langue vernaculaire conservée par certains comme une relique, exhibée par
d’autres comme un fanion et arborée par d’autres encore comme une arme, un patrimoine commun officiel
de toute la population.
Cette reconnaissance qu’on ose qualifier d’historique n’est
pas sans arrières pensées et vise comme tout le monde l’a compris à couper
l’herbe sous les pieds de ceux qui brandissent cette question comme motif à
distinguer un algérien de l’autre. Bouteflika ayant déjà déclaré qu'il ne la
considérait que comme un ballon de baudruche qu'il avait promis de dégonfler
bien avant de se faire élire (ou désigner) président...
Les plus acharnés d'entre eux et qui sont, il faut le dire ,
plus arabophobes qu'amazighophiles considèrent déjà que cette revendication
pourtant récurrente est caduque ; leur
but aujourd’hui déclaré étant la dislocation de cet état nation auquel ils se
considèrent étrangers et l'érection d'un état éperon en son sein qui n'adoptera
l'amazighité comme langue officielle que pour le folklore car sa langue
véhiculaire se devine aisément...
Les arrières pensées,
le texte en est truffé puisque Monsieur Ouyahia n’a pas hésité à la lecture de
chaque disposition à la lier à des événements récents comme cette disposition
qui protège évasivement le patrimoine public... disposition qui, selon lui,
évacue les craintes manifestées par de larges franges de la population devant
les appétits de l’oligarchie suite à la
promulgation de la dernière Loi de Finances…
Monsieur Bouteflika auraient du, pour parfaire son mimétisme
avec Roosevelt qui partage avec lui le nombre de mandats et la chaise roulante,
se contenter d'un discours à la nation qu'il aurait fait lire par Monsieur
Ahmed Ouyahia et qui se serait inspiré de "The Four Freedoms speech"
dans lequel le président américain développa le concept très généreux et qui
englobe tout ce que demande le peuple à travers les 4 libertés:
La liberté d'expression
La liberté de religion
La liberté de vivre à l'abri du besoin
La liberté de vivre à l'abri de la peur.
Tout le reste n'est, il faut le reconnaître, qu'inutile
verbiage et mauvaise littérature n'en déplaise aux experts en étude de textes
qui vont nous bassiner avec leurs analyses durant les semaines à venir ...
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