Bonjour...
Nous sommes le 17 Janvier 2016... Il est 4h du matin et le froid est mordant
dès qu'on sort l'orteil de sous la couette...
La pluie et
la neige sont tombées, évitant de contraindre notre ministre de l'agriculture
de donner suite à sa menace de décréter la sécheresse et de mobiliser les fonds
publics faméliques pour conjurer les effets de la catastrophe…
Des
précipitations salvatrices qui devraient empêcher les Bonateros de tous bords et en tous genres de nous culpabiliser devant
ce phénomène tout à fait naturel sous d'autres cieux et qu'ils imputent chez
nous à notre dévergondage, réussissant graduellement à faire de notre pays une
banquise ou se meuvent uniquement des
pingouins en noir et blanc en interdisant toute manifestation de bonne
humeur, l’assimilant à un pêché capital...
C'est
certainement pour "dévergondage" sur la voie publique que la force
publique qui n'a vraiment rien trouvé à faire s'en est prise à un chanteur de
rue qui égaillait la rue à sa manière...
La réaction
de la rue fut à la mesure de l'iniquité de cette mesure et tout est rentré dans
l'ordre, permettant à cette manifestation artistique exceptionnelle de fleurir
et, il faut l'espérer, d'investir toutes les rues en y répandant tous les arts
sauf celui de la pantomime qui, lui, est un art national depuis la
généralisation du téléphone portable...
Mais il y'a
de forts doutes que l'intervention policière ne soit plutôt calculée que
fortuite... Ce "pouvoir assassin" étant capable de tout comme on a
toujours eu à l'entendre dire dans les manifestations de rues des démocratistes autant que des théocratistes
qui affirment sa bêtise tout en lui reconnaissant un machiavélisme de grande
intelligence...
On dit que
pour inciter les français à cultiver la pomme de terre qu'ils ne voulaient pas
adopter, Parmentier fit planter des champs qu'il faisait garder par l'armée...
C'était suffisant pour faire comprendre à la canaille l'importance de cette
tubercule... le principe est connu, il remonte à la pomme d'Adam et au fruit
défendu: tout ce qu'on vous interdit vous parait toujours plus désirable...
On peut
penser que l'interpellation de ce jeune guitariste ait été dictée par ce souci
de générer un mouvement de sympathie pour ce genre d'amusement de foules... Le
résultat plaide pour pareille hypothèse et nous devons nous réjouir si nos
stratèges décidaient de généraliser cette option en interpelant les pêcheurs à
la ligne, les randonneurs, les cyclistes, les troubadours, les fleuristes, les vendeurs de livres et les amoureux qui
s'bécotent sur les bancs publics et qu'ils laissent faire les prêcheurs en eaux
troubles, les charlatans chasseurs de djinns et pourvoyeurs en amulettes et
talismans et les hommes politiques et les syndicalistes au langage vert...
Je
crois pour ma part que c'est cette stratégie qui a déjà été adoptée puisque ce
n'est pas Bellahmar ni Sidi Said ni Tliba qu'on est allé inquiéter mais le
jeune guitariste de la place Audin, ce qui fait que Belhadj qu’on autorise à
parler voit en conséquence se déliter de jour en jour ses auditoires
contrairement au guitariste de la place Audin qu’on a fait taire et qui grâce à
cela, risque de devenir la coqueluche d'Alger...
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